01/02/2008

Album rétro-découverte : Peeping Tom

 

J'aime bien Pure Fm. C'est – franchement – la station sur laquelle je suis toujours branchée. J'adore leur slogan (« La bonne musique fait les gens bons »). Mais y'a des jours où j'en ai marre; les jours où j'ai l'impression d'être plutôt sur « Radio U-turn Lily » (d'accord, ça, c'était pendant l'été), ou quand ils enchaînent un Coldplay, un Madonna et un Cali (yeurg! Ca c'est le coup de grâce).

Dans ces cas-là, je branche le lecteur cédé et j'y glisse l'album de Peeping Tom.

Késaco?

ptom
Bon. Peeping Tom, c'est comme Mr Bungle, Fantômas, et – un peu – Faith No More: c'est essetiellement Mike Patton. Mike Patton, c'est un gars qui a une très belle voix, mais qui a décidé un jour de ne jamais s'en servir pour passer à La Nouvelle Star. Au contraire, il s'est mis à faire des trucs qu'on classe généralement dans le rayon Métal du Caroline Music de Liège, bien que ce soit un peu plus compliqué que ça: en fait, ses disques mériteraient généralement de figurer dans la boîte à cédés de mon papa, celle où il a mis l'étiquette Disques qui me consolent de devenir sourd – boîte où il a d'ailleurs récemment glissé le Metal Machine Music de Lou Reed, le Marteau sans maître de Pierre Boulez, ainsi que les copies des albums de Marilyn Manson à Buni (j'ai beau lui dire que c'est de la pop, il me répond: « M'en fous, les pochettes me consolent d'être borgne »).

Pouf, pouf.

Donc, dans la discographie de Mike Patton, on trouve pêle-mêle de la musique inaudible, des textes scatos, des slows débiles, du gloubiboulga portnawak, voire même, comble de la nuisance sonore, une reprise de Lionel Richie (je l'avais oubliée celle-là; heureusement, par hasard, Pure Fm l'a passée ce matin). Bref, si on dressait un relevé de ce qu'il écoute et de ce par quoi il est influencé, ça relèguerait l'Inventaire de Prévert au niveau de la liste des courses que je dois faire aujourd'hui (ça me rappelle que je ne dois pas oublier de ramener du pâté de raton-laveur, on n'a plus rien à se mettre sur les tartines).

Autres faits dignes d'intérêt: Mike Patton dirige un label, Ipecac, dont le slogan vaut, lui aussi, son pesant de noix de cajou (« Making people sick since 1999 »). Occasionnellement, pendant ses concerts, il lui arrive – paraît-il – de faire pipi sur les spectateurs. (Donc, ne pas oublier mon parapluie quand j'irai le voir au Vk en mars.)

Et voilà, ce charmant personnage a voulu faire un jour un disque avec des chansons que, s'il écoutait la radio, c'est ça qu'il voudrait entendre. Il s'est rappelé comment on faisait des chansons écoutables (après tout, Faith No More a eu quelques tubes en son temps). Couplet-refrain-couplet-refrain. Puis il a pris son petit calepin, son petit crayon, et il a fait une liste des personnes avec qui il aimerait bien collaborer.

Le résultat, c'est Peeping Tom, un album trip-hip-hop-metal-bossa-nova, parfaitement écoutable, avec un casting de rêve (entre autres: Dan the Automator, Massive Attack, Bebel Gilberto, Norah Jones – oui, vous avez bien lu, Norah Jones, dont vous avez offert l'album à votre maman pour Noël parce qu'elle avait déjà tout Diana Krall, la sage Norah se compromet avec ce type, et je comprends pas tout ce qu'il lui fait chanter, mais il y a « Keep it in your pants », « Sucker » et « Motherfucker » dedans.)

En prime, une vidéo impeccable pour le single « Mojo ».

Je sais, l'album est sorti en 2006, encore une fois je prends le train en marche. M'enfin, s'ils pouvaient en passer un bout, à Pure Fm, plutôt que de consacrer une journée à Cali, ça arrangerait bien mes bidons.

(La journée Cali, c'est lundi. Prévoir une excursion à Oulan-Bator ce jour-là.)

11:31 Écrit par Wini dans Musique | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : musique, euh---rock |  Facebook |

Commentaires

"...la boîte à cédés de mon papa, celle où il a mis l'étiquette Disques qui me consolent de devenir sourd..."
Je vous jalouse d'avoir trouvé celle-là ! Je n'ai qu'une circonstance atténuante : mon père n'a jamais possédé le moindre CD.

Écrit par : Walrus | 04/02/2008

Hélas, mon papa souffre réellement d'acouphènes (traduction pour les mal-comprenants qui n'ont pas de Larousse à portée de main: il a les oreilles qui sifflent)...

Notez bien que dans la boîte se trouvaient encore il y a peu un best-of (ou plutôt un worst-of)de Tino Rossi et "Oui, je crois" de Mireille Mathieu.
Malheureusement, il y a deux jours, mon grand-père a remis la main dessus, et ils ont réintégré leur place dans sa collection, parmi des choses plus "vintage" comme ce pot-pourri de chansons françaises à la guitare hawaïenne (si, ça existe)...

Écrit par : Wini | 05/02/2008

Les commentaires sont fermés.