09/02/2008

Astérix et périls, la suite

 

Donc, voici les raisons du pourquoi du comment que faut pas aller voir Astérix aux Jeux Olympiques.

Le gros problème de ce film, c'est que c'est un film fait pour en fonction des personnes qui jouent dedans, et non en fonction des personnages de la bédé. Je m'explique.

Par exemple, pour ceux qui n'auraient pas suivi la propagande, euh, la promo, le personnage principal d' Astérix aux Jeux Olympiques, ce n'est pas Astérix. Ce n'est même pas Brutus (le fils de César, là , tu suis un peu?), joué par Benoît Poelvoorde. Le personnage principal, c'est Benoît Poelvoorde, à qui on a demandé de faire son Benoît Poelvoorde, c'est-à-dire son Monsieur Manatane (pas son Ben,on est dans un film pour enfants, tout de même). D'accord, Brutus ne fait pas chanter à ses troupes « J'implore votreu grandeur d'âmeu, pardon Monsieur Manataneu », mais c'est tout juste.

Et le reste est à l'avenant. Y'a pas de César, y'a Alain Delon. Y'a pas d'Obélix, y'a Gérard Depardieu. Leurs personnages et leurs dialogues sont pliés pour faire référence aux autres personnages qu'ils ont interprété dans leur carrière (ou, mieux, au « personnage » qu'ils incarnent dans la vie réelle).

Même les seconds rôles, tiens. Y'a Alexandre Astier, tu crois qu'il joue un garde du corps de Brutus? Ben non, il joue le roi Arthur déguisé en centurion (ou quelque chose d'approchant, viens pas discuter, l'important c'est qu'il ait un casque vaguement hoplite avec plein de poils).

Bon, sauvons quelque chose. J'ai un peu rigolé au début du film, quand j'ai entendu le roi grec, joué par Bouli Lanners, s'exprimer avec l'accent de Liège. (Je ne pense pas que c'était voulu, cela dit, sinon ils lui auraient fait chanter en prime « Un soir un soir au clair de lune »; si tu as connu la grande époque des Snuls, tu vois sans doute ce dont je parle.)

Par contre, c'est bizarre, j'ai pas ri en entendant le gaulois joué par Stéphane Rousseau parler avec l'accint dzu Quééébec (z'auraient pu lui glisser quelques « Tabarnak », « Câlice de Crisse » ou même « Tchecke-moi ça l'char » dans ses dialogues, tant qu'à faire).

Ah! Et j'ai bien sûr oublié toutes les petites apparitions particulièrement lourdingues de stars du sport. De toute évidence, le réalisateur (enfin, réalisateur, je me demande bien ce qu'il réalise) veut absolument nous faire comprendre que « Regardez, les mecs! J'ai réussi à avoir Schumaker! Et Zidane! Et Amélie Mauresmo! Et Tony Parker! Par contre, j'ai pas pris Jean-Michel Saive, parce qu'il y a déjà deux Belges dans le casting, faut pas pousser. »

Et, de temps en temps, il y a une petite apparition d'Astérix. Enfin, disons plutôt d'un petit gaulois à moustache jaune, vu que Clovis Cornillac n'a pas encore joué, dans son parcours professionnel, un rôle suffisamment marquant pour qu'on décalque Astérix dessus.

Et tout ça se prétend tiré de l'oeuvre de Goscinny et Uderzo. Je me demande bien de laquelle. (Si quelqu'un a la réponse, merci de me l'indiquer en commentaire.)

Mais j'entends quelqu'un au fond de la salle me dire: « Oui, mais tout ça, les gosses s'en foutent, alors, on peut aller le voir avec eux pour leur faire plaisir, quand même? »

Mmmoui. Sauf que ça dure deux heures. C'est long, pour un gamin. Alors, un conseil: ne pas prendre un Coka maxi-large avant de rentrer en salle, sinon tortillages sur le siège et explosion du budget dame-pipi garantis.

A part ça, Ratatouille sort en dévédé. Je dis ça, je dis rien, hein.

Commentaires

Bon, ben... on va se relire les albums entre deux séances de Ratatouille (quoique : je crois que je pourrais le regarder en boucle, le petit rat gastronome !)

Écrit par : Françoise | 11/02/2008

Ratatouille: testé au mois d'août sur Buni, 17 ans, fan de Marilyn Manson, habillée en veuve sicilienne 1 jour sur 2. Verdict: trôp meugnon avec son ptit nez-nez et ses ptites papattes! J'en déduis donc avec ma sagacité habituelle que Ratatouille est le ultimate trip gothique (avec, je le signale, La Belle et la Bête, et particulièrement le passage où la ptite tasse dit: « Pourquoi tu pars, Belle? Tu nous aime plus? »)
PS: On me signale dans mon oreillette que l'expression « veuve sicilienne » serait en fait empruntée à Daniel Pennac. Je réponds que c'est bien possible, et que ça prouve que j'ai de meilleures fréquentations qu'on ne pourrait le croire.

Écrit par : Wini | 11/02/2008

Je n'aurais pas dit mieux. 0 pointé (et encore c'est trop bon)

Écrit par : Galaté | 31/05/2009

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