28/03/2008

Les Kills: Fried My Little Cellules de Corti, part 2

 

Voualà, les Germans achèvent leur set. Je suis décidément très contente de m'être munie de bouchons d'oreille: ils concluent en jouant tellement fort que j'en ressens les vibrations carrément corporellement, si tu vois c'que j'veux dire. Oup, zut, pourvu que ça n'entre pas en résonnance avec mes intestins, je crois que le poulet curry-coco de chez Exki n'apprécierait pas beaucoup. Mais non, tout va bien, ce n'est pas encore aujourd'hui que je jouerai à Chantal Lauby dans la pub pour Bran-Bran. (Note en passant: je rappelle à mes lecteurs sporadiques que je porte des bouchons d'oreilles aux concerts où on joue fort. Je sais parfaitement que ce n'est pas wock'n'woll du tout, mais je m'en tape, parce qu'être atteint d'acouphènes et de déperditions auditives quand tu arrives à l'âge pourri – c'est-à-dire celui qui suit l'âge mûr, selon Desproges – c'est encore moins wock'n'woll. Demande une fois à Pete Townshend ce qu'il en pense.)

Relâche dans la salle. Buni râle à cause du groupe de jeunes flamandes excitées serrées contre nous, pour ma part je peste intérieurement contre ce jeune homme placé deux mètres devant moi, qui me bouche la vue avec son chapeau genre Pete Doherty est innocent. Un message sonore signale au public que het is verboden te roken / il est interdit de fumer / no smoking please, mais tout le monde s'en balance, bien entendu (c'est le public des Kills, pas celui de Lorie, faut pas déconner). A ce moment de la soirée, la tension est palpable. Heureusement, VV et Hotel finissent par arriver sur scène (et hop, clameur dans la salle), les bîps-bîps de l'intro de « U.R.A. Fever » se déclenchent (et hop, mouvement de foule), et c'est parti pour une bonne tranche de vraie musique.

Bors d'elle, mais comment elle fait VV pour avoir autant la classe. Chemise voile léopard (je vous avais prévenus), ongles peints régulièrement portés à sa bouche, foulard, frange longue qui lui mange la figure les cinq sixièmes du temps, et surtout, par dessus tout, cette voix. Quant au guitariste... Ben, vous vous souvenez de ce que je disais de Chris Urbanowicz des Editors il y a deux semaines? Eh bien Chris ferait bien de prendre quelques cours de présence scénique avec Hotel, ça le déniaiserait un peu. Pourtant, a priori, on ne miserait pas un kopek sur ce sosie de Lou Reed au look d'étudiant des Beaux-Arts. Pourtant il a le truc; il arrive même à voler de temps en temps la vedette à sa sublime partenaire, et pour ça il faut être très fort.

Le set, lui, connaît quelques enchaînements un peu rapides; j'imagine que le programmage- play-back de la boîte à rythme ne laisse pas énormément de place à l'improvisation. Il y a quelques moments de creux (c'est ptêt moi, notez bien, parce qu'il y a eu un moment où j'ai été déconcentrée à cause d'un gros relou bourré qui me collait d'un peu trop près, que Buni a remis à sa place avec un regard noir. Faut croire que ça marche, le regard noir à Buni, parce que, 3 minutes plus tard, j'ai regardé derrière moi, et le gros relou n'y était plus).

Faut dire que l'atmosphère est saturée d'hormones. Si toutes les filles réagissent comme moi, en ce moment elles ont toutes envie de s'acheter un blouson de cuir, une paire de talons aiguilles et de se faire tailler la frange. Mais non, chuis conne, elles ont déjà toutes ce look-là dans la salle, je suis la SEULE à être fringuée Etam, je me rappelle maintenant. Et en ce qui concerne les mecs... Je peux pas dire, je sais juste que Brian Molko dit de la voix de VV qu'elle a des vertus semblables à celles du Viagra, mais bon, tous les mecs ne sont peut-être pas comme Brian Molko, hein (heureusement d'ailleurs, tu imagines un monde peuplé de garçons hauts d'1,20m avec un boa rose autour du cou).

Mais voualà déjà le moment du rappel. Comme d'habitude je suis incapable de vous dire les titres de morceaux, je sais juste qu'Hotel réussit à insérer dans un passage solo le motif initial de « Wontutek Mitu, faut'ne quittance » (oui, je sais, il y a sur cette planète très exactement 23 fans des Snuls capables de comprendre ce que je viens d'écrire. Pour les autres, ça va comme ça: sol sol fa sol, ré, ré sol do si sol. Ca vous avance très fort, je sais, y'a pas de quoi). Et enfin, les Kills attaquent un final débridé, au cours duquel Hotel fait semblant de tabasser VV à l'aide de sa guitare. En anglais on appelle ça une performance, je crois. Après ça, y'a plus rien à dire, rideau.

Les lumières se rallument. Je constate que Buni arbore un sourire qui lui fend le visage d'une oreille à l'autre: « Putain, elle est trop belle la chanteuse, chuis amoureuse, hi ».

Marde, ça signifie qu' on est deux sur le coup, ça va pas le faire là.

Allez les poteaux, là-dessus je vais illico prendre rendez-vous avec Mira Dumeille pour lui causer de ce mystérieux et soudain trouble identitaire, et je vous dis à la prochaine.

12:24 Écrit par Wini dans Musique | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : the kills, rock, concert |  Facebook |

Commentaires

Mon fils, bien qu'oeuvrant à l'AB (mais je ne vous dirai pas où), est un grand connaisseur des Snuls. Je me demande d'ailleurs de quoi, à l'instar de vous-même, il n'est pas connaisseur.

Écrit par : Walrus | 28/03/2008

Personnellement, j'ai une conscience particulièrement aiguë de mes lacunes, mais je m'en voudrais d'en faire l'étalage ici, et d'ainsi donner l'impression de refuser votre compliment - ce qui serait, quelque part, une forme d'impolitesse.
Merci, donc :)

Écrit par : Wini | 29/03/2008

qu'est ce que c'est relou les gens bourrés dans les concerts. Comme ceux qui crient "à poil". On devrai les attacher au bar avec un casque qui crache du Enrico Macias à fond les ballons.

Écrit par : Bernie | 29/03/2008

T'es vraiment trop gentil, toi. Personnellement, je rajouterais une bonne compile de Linda de Souza et l'intégrale de Toto Cottugno. Et, comme le gros relou était probablement flamand, je rajouterais le dernier opus d'Eddy Wally, pour faire bonne mesure. Gnak.

Écrit par : Wini | 29/03/2008

haha, wontutek mitou que de souvenirs, ca, et la danse des facteurs aussi!

Écrit par : David | 31/08/2008

"Un pas en avant, deux pas en arrière... le courrier n'est pas près d'arriver !!!"
(Sinon, y'a "Hazewee à Laeken" aussi...)

Écrit par : Wini | 02/09/2008

Les commentaires sont fermés.