12/04/2008

De salle en salle... : Vantage Point

vantage_point

Vantage Point, ou 89 minutes de propagande américaine ultra-efficaces menées pied au plancher.

Voilà.

Tu peux poursuivre ta lecture, mais je te préviens, ça ne t'apprendra rien de plus.

Jeudi, Ghislain et moi avons décidé d'un commun accord d'aller au cinéma. Arrivés à l'UGéCé de Brouckère, on avait le choix entre ça et There Will Be Blood. Comme je me sentais un peu fatiguée (enfin, je veux dire, encore un peu plus que d'habitude), et que j'avais entendu dire que le dernier Paul Thomas Anderson était magnifique mais un peu contemplatif, j'ai fait pencher la balance pour Vantage Point. D'autant plus que celui-ci présentait comme plus-produit l'épinglage à son générique du très yum yum Matthew Fox (mais si, tu connais, c'est lui qui fait le docteur dans Lost. Comment ça, « Je ne vois pas ce qu'on lui trouve »? Rhan mais moi je vois très bien, crois-moi).

Comme l'intrigue tient en moins de mots que « Love Me Do » des Beatles, voici une séance de rattrapage pour ceux qui ne révèrent pas le Grand Gourou Hugues Dayez:

Un sommet international contre le terrorisme va débuter à Salamanque. Lors de la séance inaugurale, le président des Etats-Unis, avant même d'avoir entamé son discours, se fait abattre; peu après, une bombe explose. Dès lors, le film adopte différents points de vue afin de reconstituer les tenants et les aboutissants de cet ignnnnnnoble attentat. La bonne trouvaille, c'est que, pour ce faire, il procède par flaches-baques, en reprenant toujours à la même heure.

Aloreuh, voualà ce que j'en ai retenu:

- Cette construction par flaches-baques est diablement efficace: ainsi les indices sont distillés au compte-gouttes, et tu restes scotché à ton siège jusqu'à la révélation suivante. Rien à dire, pour ça, les Ricains, c'est les plus forts du monde (même si le réalisateur est irlandais). Essaie d'imaginer Bienvenue chez les Ch'tis en construction flachebaquesque. Ce n'est tout simplement PAS possible.

- Problème: à chaque flache-baque, je me marrais toute seule comme une conne, parce que Ghislain me sifflotait à l'oreille:

free music

(Crois-moi, y'a des jours où avoir un brin de culture cinématographique peut nuire dangereusement à ta crédibilité. Allez debout, y'en a marre les mottes...)

- Je me dois d'avertir les yeux et les oreilles sensibles: la musique extra-diégétique est omniprésente, elle va vite et fort, bref pendant 89 minutes tu te retrouves à la Doudingue en pleine démonstration de Tektonik. En plus, tout ça est monté très cut (j'adore ce genre d'expression, ça ne veut rien dire et ça fait croire que je m'y connais): résultat, ça fait encore plus mal aux yeux que de fixer une tenue de Yelle pendant 3 minutes. Porteurs de lentilles, n'oubliez pas vos gouttes.

- Tu penses bien que, depuis l'invasion de l'Irak, s'il y a président américain dans le scénario, il y a forcément manifestation anti-américaine. Eh bien, je peux te dire que leurs pancartes sont très chic, on dirait qu'elles ont été designées par Geneviève Gauckler, j'adore, je veux la même pour décorer mon salon.

- Si tu es terroriste, tu as besoin 1) d'un gsm dernier cri grâce auquel tu piloteras à distance les différents éléments de ton plan machiavélique (oui, dans les films américains, ils ne peuvent pas se contenter de faire exploser une bombe à clous, c'est trop cheap); 2) d'un total manque de conscience (tu es un vilain terroriste et donc un salaud sans coeur prêt à tout pour arriver à ses fins); 3) d'une tête d'arabe et d'un accent français (comme ça on sait tout de suite que tu es vraiment mauvais); 4) de complices bien placés (mais je ne vais pas en dire plus, sinon que c'est le juge l'assassin).

- BONUS, les filles! (Et peut-être même certains gars aussi, hein...) Si Matthew Fox vous laisse de marbre (ben oui, c'est vrai qu'il a un spectre émotionnel à peu près équivalent à celui d'un fishstick Iglo, même moi je suis bien obligée de le reconnaître), sachez qu'Eduardo Noriega est aussi de la partie. Eduardo, c'est le bel espingouin qui jouait notamment dans « Abre los ojos » d'Amenabar (un film intelligent et donc chaudement recommandé, même pour les garçons puisqu'on y voit quelques secondes de Penelope Cruz taupe less – et ça, ça en vaut la peine, les mecs!) Même si Eduardo porte la barbe pour l'occasion, il reste quand même très yum yum – même si, du coup, il fait un peu moins latin lover (et un peu plus Dave Grohl).

- Le vénérable Dennis Quaid est capable de se sortir d'une méga-course-poursuite suivie d'un giga-carambolage complètement indemne (enfin, avec une petite égratignure sur la joue quand même, faut rester réaliste). Tout ça au volant d'une Polo (ou modèle avoisinant). Ca c'est la classe. En Belgiquie, quand on veut faire pareil, ça donne ça:

C'est nettement moins chic.
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"Oui mais, m'fèye, ça ne me dit pas si je peux aller le voir ou pas..."

Eh bien oui, on peut aller le voir, car c'est un divertissement de très bonne tenue. Mais rien de plus. Alors, n'oubliez pas de reprendre votre sens critique en quittant la salle, ça peut toujours servir.

17:12 Écrit par Wini dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : vantage point |  Facebook |

Commentaires

Mais qu'est-ce que tout ça a à voir avec Sonny&Cher? Moi pas comprendre une fois.

Écrit par : Bernie | 13/04/2008

Précipite-toi dans le vidéo-club le plus proche et loue illico "Un jour sans fin" ("Groundhog Day" en v.o.) avec l'immensissime Bill Murray. Soudain tout s'éclaire...

Écrit par : Wini | 13/04/2008

Je découvre ton blog grâce à la BogIt Express Compagnie... et je rigole bien :))

Écrit par : DdM | 15/04/2008

J'avais eu tout le loisir d'apprécier cette note d'humour pour avoir vu (sans fin) ce sublimissime film...

Écrit par : DdM | 20/04/2008

Ah! Je sens que nous allons nous entendre! :)

Écrit par : Wini | 20/04/2008

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