06/05/2008

Do you remember the first time?

(Tu remarqueras que je suis une femme de goût et que je préfère te passer Pulp – même avec des paroles censurées, faich' – plutôt que Jeanne Mas...)

(Oh merdre après tout chuis chez moi j'vais pas m'gêner.)

 
  • Mira Dumeille: Bonsoir chers télépescateurs, ce soir dans « Confidence pour confidence », nous recevons à nouveau notre chère blogueuse, Wini...
  • Wini: Salut ma vieille, comment ça va?
  • Un peu de retenue, s'il vous plaît... Voilà, alors, ce soir, encore une page d'exhibition autocomplaisante...
  • ... Suite à une requête de mon jeune correspondant du pays de la crêpe au sarrasin, vous ferais-je remarquer...
  • Oui, bon, en même temps, j'ai pas l'impression qu'il faille beaucoup vous prier!
  • Bon tu vas te calmer, d'abord quand on est coiffée comme une lollo bionda on évite de la ramener...
  • Alors, aujourd'hui on va parler de vos premières fois...
  • ... Et je précise tout de suite qu'il n'y aura rien de seskuel, j'ai ma pudeur, quand même...
  • Dommage, ça aurait peut-être augmenté la fréquentation de ce blog...
  • Parle plus fort, j'entends rien, on dirait moi!
  • Non non non, je réfléchissais à voix haute. Alors, on commence? Premier amour?
  • J'peux pas dire, sinon mon Ghislain risque de tirer la tête. (Quoique, je l'entends déjà: « Mais qu'est-ce que tu racontes sur ton blogue, tu m'fais passer pour un jaloux, c'est pas vrai, blabla... ») Toujours z'est-il que Ghislain il est arrivé en numéro 2... Mais deuxième amour c'est très bien aussi. C'est même mieux, d'un certain point de vue. La preuve, c'est que ça dure depuis plus de huit ans.
  • On peut donc dire que Gislain-Wini c'est une affaire qui roule?
  • Oui, là je crois qu'on peut le dire.
  • Vous voulez parler de votre premier baiser avec Ghislain?
  • Oué, ça je peux, pasque l'aut'jour, je l'ai entendu qui le racontait à sa ptite collègue. Ca faisait quelques mois qu'on se tournait autour, je croyais que ça allait conclure, j'avais même largué le pôv'naze avec qui je m'étais mise à sortir par dépit après la fin de mon premier amour. Et puis voilà que, fin décembre, ce crétin de Ghislain décide de sortir avec une autre. Gros chagrin, mais bon, tant pis, y'a environ 3 milliards d'hommes sur terre, y'en a bien un autre qui me conviendra. Bon, en attendant, ça fait carrément mal. Salaud. Et puis voilà la fin de l'année qui arrive. On la fête entre potes à Namur, Ghislain est de la partie, celle avec qui il sort est ailleurs. On décide tous de descendre voir le feu d'artifice. On le regarde du pont de la Sambre, et Ghislain se rapproche de moi. Je lui dis : « M'enfin, à quoi tu joues? » La légende veut donc que nous nous soyons embrassés sur le coup de minuit, sous une belle bleue, le 1er janvier 2000.
  • Oh, c'est romantique...
  • Oui, on a bien choisi, c'est très pratique pour nous rappeler la date de notre anniversaire.
  • Sinoooon... Premier fantasme?
  • Bon, je mets à part le trouble que David Bowie m'inspire depuis que j'ai trois ans (j'en ai parlé ici) et je passe direct à mon adolescence. Bon. On va dire que j'avais 14 ans. Un jour de glandouille, je zappais sur MTV, et je suis tombée au milieu d'un clip que je n'avais jamais vu avant. Très moche, le clip, d'ailleurs. En arrière plan, il y avait des images tournées en vidéo de jeunes gens bronzés qui faisaient les cons dans une piscine, et le groupe devant n'avait bien sûr rien à voir avec ça, surtout le guitariste avec sa tête de nerd. Mais le chanteur avait quelque chose. J'ai flashé dessus, malgré son haut de survet Fila. Je n'avais jamais vu un type pareil. Il avait une attitude, une arrogance, comme s'il en avait rien à foutre de personne... Bref, c'était un branleur, mais à l'époque je n'avais pas le mot pour mettre dessus. Et puis, il avait une vraie tête de manga; pour sûr, aucun mec de ma classe n'était coiffé comme ça. J'aurais détesté l'avoir comme copain, mais comme premier fantasme c'était impec. J'ai retenu le nom du groupe: Blur. La chanson c'était « Girls and Boys », le chanteur c'était Damon Albarn. D'ailleurs, quelques années plus tard, ça a été mon premier concert, Blur au Brielpoort à Deinze en mars 1996. Une sacrée expédition, soit dit entre parenthèses.
  • Vous ne nous mettriez bien la vidéo de « Girls & Boys », non?
  • Hmm, je viens de la revoir sur Dailymotion, j'ai un peu honte en fait. Mais bon, j'avais que 14 ans, hein, et j'étais pure et sincère. Qui pourrait me jeter la pierre? Certainement pas la frange masculine de mon mince lectorat, qui, pendant ce temps-là, se faisait la main sur « Boys Boys Boys » de Sabrina. Un clip d'une grande classe, si je peux me permettre.
  • Si je comprends bien, vous êtes plutôt Blur qu'Oasis?
  • Définitivement peut-être. Attation, Oasis ils étaient pas mal non plus, mais Liam Gallagher est un sacré crétin, si vous me passez l'expression. Damon a mieux vieilli, je trouve, et puis musicalement il a évolué, lui.
  • Vous trouvez?
  • Gorillaz, The Good the Bad and the Queen, faut te faire un dessin, là?
  • Et maintenant?
  • Ben quoi, maintenant? Tu espères m'entendre dire que je fais comme toutes les femmes qui atteignent doucettement la trentaine, que je fantasme sur Cédric de la Nouvelle Star?
  • C'est vrai?
  • Oué oué, c'est ça, je fais mon intello, mais inside j'ai toujours eu un penchant pour les mecs de Lille de la Tante à Sion. Keunasse va...
  • On poursuit? Alooors... Première crise d'épilepsie?
  • Précisons tout de suite que j'en ai eu que deux, en fait. J'aime bien Ian Curtis, mais faut pas pousser le fanatisme, quand même. En fait, ces crises se sont déroulées dans les mêmes circonstances: c'était les deux fois à une soirée rhétos, en 1996.
  • Excusez-moi, ça veut dire quoi, « rhétos »?
  • Ah ouais, j'oubliais, z'êtes française. Ben la rhéto, « rhétorique », c'est comme la terminale chez vous. Les rhétos de mon bled organisaient des soirées pour financer leur voyage de fins d'études, ça constituait l'essentiel de mes sorties d'ado. Or, ce soir-là, ils avaient engagé une nouvelle sono, alors que, d'habitude, ils prenaient toujours Epsylon ou Dance Club, si je me souviens bien. Toujours est-il que cette sono, à un moment, fait quelque chose que les autres ne faisaient jamais : elle coupe toutes les lumières pour ne plus laisser que le stroboscope.
  • Ahah...
  • Il paraît que, juste avant la crise, les épileptiques ont une phase appelée « aura », pendant laquelle ils acquièrent une sorte d'état de lucidité totale. Moi, j'ai senti mon visage pris de convulsions, puis je suis tombée par terre, et, dans cet éclair de lucidité totale, je me suis dit: « Merde, là, j'ai vraiment l'air con ». Et puis, trou noir.
  • Oh mon Dieu...
  • T'es gentille, tu me laisses causer un peu? Quelques minutes plus tard, je suis dehors, je vois un type qui me tend un verre de jus d'orange. Je le reconnais, c'est Jonathan B., un gars de mon école. Mais qu'est-ce qu'il fait là? Bordel, où je suis? « T'inquiète, Wini, on a appelé tes parents, ils vont venir te chercher... » Putain, j'ai la tête qui tourne! Ah, ça y est, je suis à la salle « La Forge », à Celles, s'il fait nuit c'est parce que je suis à une soirée, ah oui, je suis tombée, ça me revient, trèèèès progressivement... Ma mère débarque, complètement effarée. Faut dire qu'elle est d'un naturel très angoissé, elle avait toujours peur quand je sortais: elle a dû croire ce soir-là qu'on m'avait droguée, ou que j'avais trop bu (c'est d'ailleurs ce que tout le monde a cru, alors qu'en soirée je ne buvais jamais qu'un tango, à la limite – j'aime pas être saoule, surtout dans une soirée bourrine contenant une part non négligeable de crétins relous sous influence...) En plus, comme elle m'a dit plus tard, mon khôl avait coulé, me faisant deux grosses cernes très impressionnantes... Quant à mon père, il ne devait pas en mener large non plus, mais il sait mieux garder son sang-froid. « Viens, m'a fait ma mère, j'ai téléphoné au docteur, on y va... » Arrivée chez le docteur, j'ai un haut-le-coeur, mon léger souper est repassé dans ses toilettes. Après, je ne sais plus ce qu'il a dit. Je suis rentrée à la maison en demandant à mes parents « S'il vous plaît, vous me reconduisez? Je vais mieux... » Mais, de retour à la maison, j'ai de nouveau balancé une quiche. Décidément, il valait mieux que je reste.
  • Et ça vous est arrivé une deuxième fois?
  • Oui, dans les mêmes circonstances. Là, on m'a envoyée chez le neurologue, examens, tralala. C'était fin juin, j'ai assisté à la remise des prix avec des espèces d'électrodes sur la tête. On n'a pas détecté d'activité cérébrale inquiétante. D'ailleurs, on n'est même pas sûr que ç'ait été une crise d'épilepsie, parce que je ne me suis pas pissé dessus... En fait, il apparaît que la lumière stroboscopique peut provoquer de telles crises. J'ai juste été plus sensible que les autres. Depuis, je fais attention. En concert, si tu vois une conne qui ferme les yeux ou détourne le regard quand le strobe se met en route, sois sympa, viens me dire bonjour, c'est moi...
  • Alors, pour terminer, vous voulez refiler le bébé à quelqu'un?
  • Ben étant donné que je ne suis pas une blogueuse influente et que mon lectorat fidèle se constitue essentiellement de Ghislain et de son jeune collègue (lequel préfère lire mes çonneries plutôt que de ranger le rayon pop), je ne vois pas très bien qui pourrait s'en occuper.
  • Alors on en reste là?
  • Ben je crois.
  • C'est pas terrible comme chute...
  • Oué ben on fera avec.
  • A la prochaine?
  • A la prochaine, Mira.

Commentaires

Une crêpe de sarrasin, non mais je rêve. C'est une GALETTE de sarrasin, comme celle que tu as lâché dans les chiottes ou qui poursuivait Jacquouille dans les Visiteurs.
Cela dit, Liam Gallagher et un vrai crétin, aussi perfide que l'Albion, et si vaniteux. Alors que Damon, il donne même des interviews à so foot.

Écrit par : Bernie | 06/05/2008

"Si Kurt Cobain avait joué au foot, il ne se serait pas suicidé" (eh oui, Damon aussi il en a balancé des conneries...)

Écrit par : Wini | 07/05/2008

C'est pas vrai, dans le lectorat fidèle, y a moi aussi. Na.

Et une crêpe de sarrasin, il n'y a rien à faire : c'est une boukète. Fallait que ça soit dit.

Écrit par : Françoise | 09/05/2008

@Françoise: ma mère emploie de temps à autre une expression où il est question d'"on galèt" (une galette, bref une gaufre, quoi) et et de l'utilisation qu'on pourrait faire de ses trous...
(C'est très grossier, je crois.)

(Euh, en tant que lectrice fidèle, si tu veux t'occuper du tag, libre à toi... :-)

Écrit par : Wini | 09/05/2008

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