12/05/2008

The Mathias Malzieu Show, aka Dionysos, au Cirque Royal, 08/05/08

Y'a une question qui me taraude.

Imagine un type. Pas gâté par la nature. Il est pas très beau, et il est roux (une couleur de poil fortement dépréciée dans notre culture, ne fût-ce que parce que les roux ça sent mauvais. Rhan oué je suis odieuse, mais si je peux plus dire des horreurs, qu'est-ce qui va me rester comme petits plaisirs dans la vie, je te le demande). Ce type, en plus d'être on lè rossè, culmine royalement à une moyenne de 1,60 mètre au-dessus du niveau de la mer, ce qui n'est vraiment pas haut, même dans ce plat pays qui est le nôtre.

Alors, je te le demande:

Comment se fait-ce que ce zigue – qui a de surcroît le mauvais goût de s'appeler Mathias Malzieu – soit le fantasme numéro one de Buni?

(Buni c'est ma soeur, elle a 17 ans, elle est insupportable, mais je l'adore et elle m'aime très fort aussi.)

En plus Mathias il chante que des çonneries, du genre que quand il était petit il n'était pas grand il montrait son Q à tous les passants il était un jet d'ail. (C'est bien ce que je disais, les roux ça sent. L'ail, en l'occurence.) Ou que ses lacets sont des fées (un jeu de mots qui lui a rapporté le Prix Spécial du Jury au Grand Concours du Calembour Bon de Montcuq-et-treize-et-trois). Ou même encore que son hamster s'appelait Cun*ni*lin*gus, ce qui est tout de même un drôle de nom pour un hamster, si je puis me permettre (il pouvait pas l'appeler Nestor ou Croquette, comme tout le monde?)

En plus, sur son dernier album – enfin, sur le dernier album de son groupe, Dionysos, un peu de précision bord d'elle – il invite en guestar Grand Corps Malade et Eric Cantona. Ce qui apporte la preuve définitive que Mathias, il n'est pas tout juste dans sa tête.

Attends, kestudi, toi, au dernier rang?

« Ben comment ça se fait que tu as des places pour leur concert depuis le mois de décembre? »

Grmf. L'explication viendra, petit scarabée, mais en attendant tu vas aller me lustrer et me frotter ma bagnole. Oué oué tu me diras merci plus tard. 'Ticon va.

Mais entrons enfin dans le vif du sujet. Jeudi, Ghislain et moi allons happer Buni à la Gare Centrale. On va lui chercher un sandouiche vu qu'elle n'a rien mangé de la soirée, et hopopop let's go tou ze Cirque Royal.

Ouch. Keskifé douf ici, c'est carrément tropical comme climat. On enjambe quelques djeunes assis par terre (en essayant d'éviter d'écraser trop de doigts, on a un peu de savoir-vivre quand même) et on s'approche le plus possible de la scène. Buni n'arrête pas de gigoter en prenant une voix à la Piggy-la-cochonne. « Mathiaaaas! » Bord d'elle tu veux bien arrêter trois secondes de me jeuler dans les esgourdes? Rhan cette fois c'est pas elle mais deux tassepées (en concert, j'appelle tassepées toutes les fans du groupe qui ne font pas partie de mon entourage. Que veux-tu, comme les poules dans leurs batteries, j'ai tendance à être légèrement stressée quand la densité de population autour de moi dépasse une certaine limite. M'enfin, tant que je ne commence pas à becqueter mes congénères, il n'y a pas tellement de raisons de s'inquiéter.)

La première partie s'installe. Il s'agit de Mamzelle Emily Loizeau, une jeune fille fraîche en robe à fleurs dont j'ai déjà entendu parler sans l'avoir jamais vraiment écoutée. Mamzelle Loizeau s'installe à son piano qui, étant donnée la température ambiante, est déjà en train de fondre (il s'agit donc d'un piano aqueux. God damned, où ai-je donc bien pu mettre ces satanés rires préenregistrés?)

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Emily Loizeau, tête à chapeau.


Mamzelle Emily entame sa première chanson. Oye. Ca commence mal. La chanson est n'est pas en cause, les paroles sont jolies même si ça se veut quand même un peu poétique, mais Emily l'interprète avec une voix terriblement maniérée, genre « T'as vu comment que je peux gueuler fort si j'envoie tout par le nez, en plus je monte haut et si je force un peu je peux descendre bas, et j'articule pas correctement mes A si je veux ». Le deuxième morceau est du même tonneau. Merdre, j'ai oublié mes Rennie à la maison. Je ne suis pas loin de ranger Mamzelle Loizeau dans mon tiroir mental dédié aux chanteuses casse-couilles, mais Dieu sois loué Tu as entendu ma prière, Emily se rattrape avec des chansons un peu plus humoristiques. Bon, c'est pas encore au niveau Jeanne Cherhal, mais on s'en rapproche.

En plus, Emily tente de dialoguer avec le public. Et là, je dois reconnaître que la demoiselle doit avoir des nerfs en acier trempé ou bien alors un excellent coach en tai chi verveine, parce que le public en question est incroyablement dissipé. Même quand elle chante (et c'est pas de l'amplification de nain niveau intensité, je tiens à préciser) on entend les gens causer entre eux. Elle essaie de les motiver: « Vous voulez voir Dionysos, hein? » - « OUÉÉÉÉÉÉ!!! » - « Eh ben tant pis, parce c'est moi d'abord... » Puis elle essaie de jouer avec eux, mais ce n'est guère facile, parce que quelques gros lourds se sont réveillés dans la salle – et tu sais bien que, à l'instar de la goutte d'eau capable de troubler un litre entier de pastis, une dizaine de gros lourds à eux tout seuls sont capables de foutre la merde dans un concert de 2000 personnes. Alors, quand Emily Joly entonne une chanson sur le thème de la douche, et invite le public à monter sur scène pour faire une chorégraphie sur le sujet, je ne suis pas loin de craindre pour sa vertu. Et, diantre, voilà justement que quelques mâles montent sur scène. Ouille, je ne veux pas voir ça. Et hop, en voilà un qui n'hésite pas à ôter ticheurte et bermuda pour faire semblant de se savonner. Ca y est, grâce à ce type, les Belges vont encore passer pour des guignolos. M'enfin, il a quand même gardé son slip, l'honneur est sauf.

Bon le set d'Emily arrive à sa fin. Si elle a survécu à ça, je crois qu'elle peut aller à Paris, ce sera du nanan à côté. Le public belge a la réputation d'être chaleureux, mais là, je ne sais pas si c'est la température ou le fait que le Cirque Royal ne possède pas de bar, mais le public ce soir il est vraiment, il est vraiment, il est vraiment phénoménal.

Et puis c'est pause, et puis c'est noir, et puis les petites horloges en forme de coeur s'illuminent...

Et puis la suite c'est demain!

En attendant, vous pouvez voir Emily ici et l'écouter .

18:38 Écrit par Wini dans Musique | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : emily loizeau, concert, dionysos |  Facebook |

Commentaires

La suite, la suite, la suite, la suite,...

Vraiment insoutenable ce suspens entre deux chroniques! :o)

Écrit par : ToX | 13/05/2008

Le public parisien, c'est une espèce de bande de chiffes molles, un ramassis de blancs becs qui pètent plus haut que leur cul, incapables de bouger un seul orteil pendant un concert. autant aller jouer au musée Grévin.

Écrit par : Bernie | 13/05/2008

@Thomas: Bon, on va essayer de taper ça hein...
@Bernie: Tu veux un Rennie?

Écrit par : Wini | 13/05/2008

Volontiers. T'as pas un peu de chocolat aussi, je suis en rupture de stock.

Écrit par : Bernie | 13/05/2008

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