16/05/2008

Dionysos: enfin la fin...

 (Bon, on va essayer de la faire vite, ça fait plus d'une semaine, il est temps que ça se termine. Je ne suis pas une rapide, je sais...)

Dionysos, vous l'avez peut-être déjà compris, c'est un groupe de scène, et c'est en tant que groupe de scène que j'ai commencé à l'apprécier. Si tu as envie de les découvrir, ne passe pas par les albums studio. Moi, je me souviens de la première fois que j'ai entendu « Coiffeur d'oiseaux » à la radio, je me suis demandé: « Mais c'est quoi cette powésie à la con? Et cette voix? Cet accent français, c'est horrible! »

(Oui, je trouve que Mathias Malzieu a l'accent français. Plein de chanteurs chantent en français, sans accent, normal quoi. Mathias il a l'accent français. Je sais pas à quoi ça tient, c'est un accent un chouïa nasillard, avec une diction impeccable (« Le texte, les enfants, le texte! », c'est très français, je trouve). L'accent français, il se repère à trois bornes quand tu viens d'une région où plein de gens parlent comme ce monsieur, par exemple.

Franchement, Dionysos, j'accrochais pas du tout, jusqu'à ce que j'écoute les lives Whatever the Weather. Alors là, la claque. Surtout le dévédé, où tu vois ce sapajou de Mathias se livrer à ses pitreries favorites.

Tout le Mathias Malzieu Show est contenu dans ce dévédé. L'essentiel n'a pas changé depuis. De Whatever the Weather au concert du Cirque Royal, en passant par leur visite à l'AB en octobre 2005 (j'étais de la partie), c'est la même chose: Mathias marche sur la foule comme le frère de Jacques marchait sur les eaux (oui, Jésus n'était pas fils unique, c'est une vérité historique à peu près admise maintenant – sauf par les curés évidemment, mais on s'éloigne là); Mathias apporte la bonne parole en dialoguant avec son public; Mathias donne des surnoms débiles à ses copains sur scène (Michaël = Maïky Baïky, Elizabeth= Babetouchka, Guillaume= Guillermo, Eric= Rico, Simon= Pierre et sur cette Pierre je bâtirai mon Eglise) mais c'est pas grave parce que ses potes sur scène c'est les meilleurs (remplir ici avec le substantif de votre choix) du monde entier; Mathias ne peut pas terminer le concert sans avoir atteint l'autre bout de la salle porté à bout de bras et sans avoir grimpé au balcon; Mathias se fait ensuite rapatrier sur scène, où quelqu'un le récupère pour le porter dans ses bras jusqu'en coulisses (c'est Stéfano qui s'y colle, généralement); après trois jours minutes passées au tombeau, Mathias ressuscite sur scène en sautant encore plus haut; enfin, dernière pirouette, Mathias fait chanter « Coccinelle » a cappella par la foule unie dans un grand élan de communion musicale.

Bref, Dionysos en concert, c'est l'Evangile selon Mathias, Mathias qui, comme chacun sait, était l'apôtre qui a remplacé Judas (non? Chacun ne sait pas? Relisez les Actes, bande de mécréants!) – une évangile apocryphe rédigée à cheval sur les 20ème et 21ème siècles. Je suis intimement convaincue qu'on pourrait analyser les concerts de Dionysos à l'aide des Formes élémentaires de la vie religieuse de Durkheim (il y a des jeunes sociologues qui me lisent, faut bien que je garde le niveau...)

Et là, jeune lecteur, je te sens perplexe: « Qu'est-ce qu'elle nous fait là, la Wini? Elle a sombré dans le renouveau charismatique ou quoi? »

Eh bien NON, ce n'est pas ma faute, puisque Mathias lui-même à un moment s'est interrompu pour enseigner à ses fidèles: « Imaginez, vous êtes à la messe, comme quand on était petits, qu'on se faisait chier... Donc on est à la messe, et vous répétez après moi: CUN*NI*LIN*GUS, MON AMOUR!!!! »

Et c'est justement à ce moment-là que tu réalises avec acuité qu'un concert, ce n'est pas seulement un groupe qui joue, c'est aussi un public qui assiste.

Dont une poignée de Liégeois (ou autres, mais a priori du lourd comme ça en phase à chaud c'est du Liégeois...). Les Liégeois, tu le sais, toi, jeune Belge qui me lis, dès leur plus jeune âge c'est biberonné au pekèt, comme Tchantchès, et pour peu, dès que l'équipe de foot locale gagne un championnat ça gueule n'importe quand et sous n'importe quel prétexte: « STANDAAARD CHAMPIOOON!!!! »

(On y a eu droit pendant le concert, je jure que c'est vrai... Et à "La ptite gayolle", aussi... Repris par toute la salle, votre serviteuse y compris... Parce moi aussi, en tant qu'hesbignonne, je suis un peu liégeoise...)

Alors, quand Mathias fait répéter à tout le monde « CUN*NI*LIN*GUS, MON AMOUR!!!! », et qu'il insiste, le bougre, et qu'il a Babet à côté, les Liégeois, ça ne manque pas de gueuler en réponse :

« OUÉ, VAS-YYYY!!!! MONTRE-NOUS!!! BABEEEEETT'!!!! »

Note que, un temps, c'est bien, les Liégeois, ça met l'ambiance. Tiens, par exemple, à la troisième chanson, « Song For Jedi »... Et bien tu peux compter sur les Liégeois pour lancer le mouvement de foule... Et tu peux compter sur les Bruxellois pour suivre.

Tu peux compter sur Ghislain, par exemple.

Mais là, il est temps que je te parle un peu de Ghislain.

Parenthèse.

Ghislain, c'est mon n'amoureux. Il a atteint la trente-cinquaine cette année, il a des petites lunettes, il bosse dans un magasin de disques où on vend beaucoup de musique classique, et ça tombe bien vu qu'il est musicien classique à la base. Il sert aimablement les clients aimables, il garde (la plupart du temps) le sourire devant les clients chiants, et ses conseils sont toujours avisés. Ghislain, dans ma famille, se tient très bien, c'est le gendre idéal, tout le monde l'adore.

A le voir de prime abord, personne ne soupçonnerait que le tout premier concert que je suis allée voir avec lui, c'était René Binamé au Magasin 4, et qu'il en est ressorti avec des côtes froissées.

Alors, quand « Song for Jedi » a démarré, moi, je n'ai pas été étonne de voir Ghislain se transformer en Zébulon humain (mais si, tu vois, Zébulon, tournicoti, tournicoton, le Manège enchanté... Non?)

Dimanche, je suis allée voir mes parents. Je leur ai parlé du concert, je leur ai dit que Ghislain s'était bien amusé. « Ah ben oui, on sait, Michel (leur pote présent au concert, cf. l'épisode précédent) n'en revenait pas! »

Fin de la parenthèse.

Bon, alors, que retenir de tout ça?

Moi j'en retiens que j'ai passé un excellent moment, parce Dionysos, ça en vaut toujours la peine, parce que, même si le show est rôdé, on sent qu'ils prennent tous leur pied sur scène (et pas seulement le chanteur). Je regrette seulement un peu la présence des gros lourds, qui venaient pour l'ambiance et certainement pas parce qu'ils accrochent à l'univers poétique de Mathias.

Oh, et j'ai oublié de vous dire: pour les rappels, ils ont fait monter Emily Loizeau avec eux sur scène. Quoi? Vous ignorez qu'Emily chante sur deux chansons de leur dernier album? Eh bien, elle les a chantées avec eux, pour la première fois sur scène ce soir.

On est ressortis de là un peu plus heureux. Et avec un t-shirt. (Le mien, c'est Buni qui me l'a offert, alors que je ne lui avais rien demandé, mais c'est gentil quand même. Buni c'est la meilleure petite soeur du monde, de toutes façons.)

Allez, je ne suis pas satisfaite de ce compte-rendu, mais je vais le poster quand même. Que voulez-vous je me dois à mon lectorat. C'est ça le vedettariat, mes chéris...

Et bon courage à ceux qui sont en examens...

12:04 Écrit par Wini dans Musique | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : concert, dionysos |  Facebook |

Commentaires

Et où interviennent les amis des parents?

T'as raison un poil décevante cette dernière partie! Même si ça reste toujours un plaisir de te lire!
A bientôt pour le prochain compte-rendu en 3 parties

Écrit par : ToX | 16/05/2008

Le pote de mes parents intervient très brièvement dans la partie dédiée à Ghislain.
J'ai zappé le fait que, comme il est assez large (je peux le dire, il le revendique), même si Buni et moi étions cernées de gros lourds, aucun ne nous a fait ch...
Quant à sa smala, ils nous ont évité pendant le concert (faut dire qu'on était dans une zone de turbulences, mais ça on avait compris), ils nous ont juste un peu dit bonjour à la fin, et puis ils ont retapé Buni chez elle, probablement en tirant un peu la gueule vu le temps qu'elle a passé au stand merchandising.
Valà

Écrit par : Wini | 16/05/2008

STANDAAARD CHAMPIOOON!!!! (faut être conforme à la -hips- légende)

Bon, allez, je file, j'ai un dragon sur le feu (c'est pas le tout d'être Liégeois(e), quand tu habites à Mons, il faut encore se plier aux coutumes locales et là, ça devient é-pui-sant, tu peux me croire !)

Écrit par : Françoise | 16/05/2008

Ca c'est vrai, les coutumes locales ce n'est pas rien. Je me souviens quand j'étudiais à Namur, et que les Fêtes de Wallonie coïncidaient avec la rentrée... Et chacun sait que les Namurois sont lents, mais quand ils sont dedans ils y sont pour longtemps!
Je cherche en vain l'équivalent à Bxl... Y'a bien la Gay Pride demain, mais c'est pas pareil...

Écrit par : Wini | 16/05/2008

C'est marrant, je ne l'imaginais pas come ça Ghislain...
Le pogo, c'est la plus belle danse du monde, justement parce que tu peux marcher sur les pieds de ta partenaire et que tu 'as pas besoin de savoir danser. "If the kids are united, They will never be divided"

Écrit par : Bernie | 19/05/2008

Les pieds de la partenaire ne te disent pas merci, Bernie...

Écrit par : Wini | 19/05/2008

Les commentaires sont fermés.