02/06/2008

Leçons de drague. Arctic Monkeys vs Hard-Fi

 

Cher lecteur, chère lectrice, tu connais peut-être l'intérêt que je voue à Hard-Fi, ce groupe anglais issu de la banlieue ouest de Londres, qui dans son pays natal réussit à remplir le stade de Wembley, mais n'attire que deux pelés et trois tondus lors de ses concerts sur le continent (et c'est bien dommage). Tu sais également que cet intérêt est, certes, motivé par la qualité des compositions du groupe (assez irrésistibles au demeurant), mais aussi et surtout par la trognonnitude absolue de son frontman Richard Archer – qui, pour résumer en quelques mots le fond de ma pensée, est tout simplement le mâle le plus ban*dant qu'ait connu la perfide Albion depuis la séparation des Take That.

Tu sais également que, si je tiens Richard pour une bombe à neutrons ambulante, cela ne m'empêche pas de constater que ses paroles sont un chouïa faiblardes.

Mais aujourd'hui je vais te démontrer qu'après tout on s'en fout.

Tiens. Prenons une chanson d'un jeune songwriter reconnu pour son talent d'écriture et ses formules qui font mouche – Alex Turner des Arctic Monkeys, par exemple. En 2006, le groupe en question sortait son premier single, « I Bet You Look Good On The Dancefloor », un morceau qui prenait pour thème « les stratégies de rapprochement en discothèque ». Quelques mois plus tôt, Hard-Fi sortait une chanson sur un thème légèrement avoisinant, « Hard To Beat ».

Comparons.

Bon déjà, on se souvient qu'à l'époque, Alex Turner avait une tête de coeur de cible pour produits Biactol, alors que Richard, déjà plus âgé, n'était plus embêté par ses hormones depuis quelques années déjà. Et puis, qui dit « plus âgé » dit aussi « plus expérimenté », ce qui est toujours un plus pour rameuter les nanas. (Tu ne me crois pas? Souviens-toi un peu du dernier praïme de la Nouvelle Star, et demande-toi pourquoi Cédric le Capitaine Abandonné a encore vu sa tête sauvée, alors que ses reprises étaient pourrites de chez Mérule, Mycoses et Compagnie... L'expérience, mon petit, l'expérience, c'est ça qui fait que la jeune pubère à serre-tête fluo sera prête à exploser sa carte prépayée en SMS pour toi.)

Pour faire court, nous avons donc, d'un côté, un petit puceau à tête de fouine et un BCBG (= Beau C*ul Belle Gueule) déjà rôdé. N'enfonçons pas le clou, ce serait cruel, et puis ceux qui me connaissent seraient capables de me rappeler qu'à 19 ans moi aussi j'étais sous Roacutane, les fourbes.

Maintenant, procédons à notre analyse comparative.

Commençons par Alex. Ce soir, Alex a mis un t-shirt propre et s'est spritché un bon coup d'Axe fraîcheur Phoenix sous les aisselles pour sortir en boîte de nuit dans la pimpante cité de Sheffield. Pas pour aller bouger son corps, non. Alex fait sans doute partie de ces garçons qui ne savent pas danser, et qui s'en sortent en disant qu'ils ont pas envie de se taper la honte à remuer leur bassin comme Travolta dans Saturday's Night Fever. Il se tient donc au comptoir et, entre deux tentatives pour extorquer des bières gratuites au serveur, il regarde les filles se dandiner, en espérant très, mais alors là vraiment très secrètement qu'une d'entre elles va s'avérer assez bourrée pour s'approcher de lui et lui coller d'autorité sa langue dans le gosier.

Stop making the eyes at me, I'll stop making the eyes at you
And what it is that surprises me, is that I don't really want you to

Nous avons donc en face de nous un jeune type qui ne sait pas ce qu'il veut. « Arrête de me regarder, j'arrêterai aussi, quoique non, steup', c'était pour rire, allez r'garde-moi r'garde-moi R'GARDE-MOIIIII p'tain ». Mais bon, je me mets à la place d'Alex, qui espère un peu vainement que la fille le dévisage pour un autre raison que son acné ravageuse.

And your shoulders are frozen, cold as the night
Oh you’re an explosion, you’re dynamite

« T'es froide mais t'es bonne. » Alex ne sait toujours pas ce qu'il veut. En fait il voudrait bien que la fille soit chaude comme une baraque à frites, mais comme c'est parti là il sent bien qu'il y a beaucoup de chances pour qu'il dorme encore tout seul ce soir. D'autant plus qu'il ajoute aussitôt:

Your name isn't Rio, but I don't care for sand

Et vas-y, prends-toi ça dans la face, ma vieille... S'il n'a pas une belle gueule, Alex a au moins une belle langue de vipère. (On remarquera au passage l'allusion à Duran Duran. Si tu espères impressionner avec ta culture plutôt qu'avec ton physique, c'est un peu loupé, Alex. Duran Duran, franchement... Et pourquoi pas Marc Lavoine tant qu'on y est?)

free music
(Non mais vise un peu le niveau, quand même!!!)

 

Lighting the fuse might result in a bang

« Si on t'allume, tu risques peut-être de... » Bon, ouvrez votre Robert et Collins, le mot « bang » a une acception à trois astérisques.

.......................................

Pendant ce temps-là, au « Macumba » à Staines, Richard tente une ouverture avec une nana qu'il a repérée depuis quelque temps déjà:

I've seen ya darlin, seen you hanging round town
You in a short skirt, shining eyes of deep brown

Là, tu me vois soudainement accablée d'une profonde détresse, parce que la gerce que Richard zieute, ce n'est certainement pas moi – j'ai les yeux bleus et je ne porte jamais, mais alors là jamais de minijupe (mais rassure-toi, je porte quand même des cu*lot*tes pour ne pas attraper froid par le bassin, faut pas déconner).


You had a dirty look, you caught me on your hook

Richard, contrairement à Alex, sait identifier une fille qui a les yeux qui crient braguette.


Turn up the thermostat, I wanna see you sweat

Hmm. Heureusement que Richard a l'air de garder ça pour lui, parce que, avec ce genre d'approche, c'est généralement quitte ou double. Soit la fille glousse et tu peux poursuivre, soit elle gueule pour toute la salle: « Zyva, va te su*cer la te*ub toi-même eh gros naze», et tu peux t'estimer content si elle ne t'envoie pas un coup de genou dans les génitoires pour faire bonne mesure.

Mais les périls de la drague ne semblent pas rebuter Richard le Téméraire:

I walked right over, said 'Hi how you doing?'
You looked at me and girl you tore right through me,
I said come on let's dance, we've gotta take our chance,
You whispered in my ear, 'You wanna get out of here?'

Clic-clac, l'affaire est dans le sac, en l'espace de deux couplets seulement, Richard a concrétisé l'essai. Tu remarqueras d'ailleurs que c'est la fille qui l'invite à aller ailleurs. Oué oué, chuis d'accord avec toi, y'en a vraiment qui sont trop vernis. (Et on se demande encore pourquoi les 3 autres Hard-Fi ont toujours l'air de tirer un peu la gueule...)

Et, tiens, de son côté, comment se débrouille notre Alex?

Eh bien nous verrons comment il s'empêtre encore un peu plus avant dans le prochain billet. Ou dans celui après, parce que je vais au concert ce soir, et je ne voudrais pas vous priver d'une chronique...

En attendant, vous pouvez écouter les deux chansons. (Qu'est-ce que je suis serviable quand même...)


14:28 Écrit par Wini dans Musique | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : delires, arctic monkeys, hard-fi |  Facebook |

Commentaires

T'es yeux ne joueraient pas un tour à tes oreilles?
Hard-Fi???? Comprends pas, jamais accroché moi...
Et puis en boîte je suis plutôt Alex Turner il faut dire

Écrit par : Bernie | 03/06/2008

Jaloux, va. :)
Nan, sérieux, ce commentaire appelle une réponse un peu plus construite, voire un post, carrément.
Et puis, Hard-Fi, c'est pas les Kooks non plus...

Écrit par : Wini | 03/06/2008

Alors,
bon, Hard-Fi est quand même passer à la Star'Ac. Déjà, ça rebute. Les aaaahahhahaa, ohohohoohoho de Richard risquent de le faire dériver vers une pantomime d'un Chris Martin grungy. Non, vraiment, ça coince aux entournures.
Je suis bloqué là dessus et je n'arrive pas à m'en défaire, ça me touche pas.
Et le premier album des Kooks était excellent, le second n'en est qu'une pale copie. Dommage

Écrit par : Bernie | 04/06/2008

Ouah là eh l'aut, Y R'GARDE LA STARAC !!!!

(Tout autre commentaire est superflu.)

Écrit par : Wini | 04/06/2008

Ah, non non non!!!!!! C'est à cause de ma meuf, elle regarde ce conneries et moi je suis à côté avec mon ipod au caseque et un bouquin. Voilà....

Écrit par : Bernie | 04/06/2008

"Ah, non non non!!!!!! C'est à cause de ma meuf, elle regarde ce conneries et moi je suis à côté avec mon ipod au caseque et un bouquin. Voilà...."

Oui, oui, c'est ça! Typiquement la mauvaise excuse! :))

Non, non, il ne faut pas avoir honte!

Bref, j'aime bien l'article... (mmh, ça c'est de l'information capitale... sorry lol)

Écrit par : puuluki | 05/06/2008

@Bernie: j'ai bien aimé la rapidité du démenti (2 minutes chrono, pas mal)... Bon, j'ai compris, t'aimes pas Hard-Fi, moi j'aime bien, on va pas se bouffer le nez pour autant, point barre.
@puuluki: Ouais c'est vrai les mecs c'est tous des lâches qui assument pas; en vrai, ils sont bien contents que leur copine regarde "Poubelle la vie", comme ça ils peuvent regarder aussi en faisant semblant de râler - et même que quand elle est pas là, ils regardent des comédies romantiques avec Meg Ryan en bouffant des Chipitos.

Écrit par : Wini | 06/06/2008

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