06/06/2008

C'est la lutte finale. (Ou le final countdown, je sais plus.) Rage Against The Machine

 

C'est quand même une drôle de chose, la nostalgie. Et ça nous pousse à faire des drôles de trucs. Tiens, prends mon beau-frère, qui, sous prétexte de vouloir divertir son môme de bientôt cinq ans, est allé voir Chantal Goya à Forest. Pense aussi à Athanase Lahargne – le pauv' fan de black metal qui m'a servi de sas de décompression entre mon premier amour et Ghislain – qui était inconditionnel depuis ses 13 ans de Parker Lewis ne perd jamais et ne loupait jamais une rediff' de cette fantabuleuse série (NDLR: ceci se passait il y a neuf ans à peu près, il y a prescription – en ce qui me concerne en tous cas). Et, surtout, n'oublie pas que la nostalgie incite un nombre assez effarant d'auditeurs à se brancher sur la station du même nom et donc à subir ces jingles chantés par des voix plus dépersonnalisées que celles des 2Be3 (« Nostalgie, sweet sweet music! My baby Nostalgie, NostalGIIIIE! » – mon Dieu, c'est vraiment la dernière chose à écouter avant de se jeter sous le train).

Pour ma part, la nostalgie s'est pointée, insidieuse, ce lundi 26 mai, quand ma copine Gaëtane m'a téléphoné en me tenant ce langage:

« Ma soeur a des places en trop pour aller voir Rage Against the Machine lundi prochain, elle les a achetées sur I-baie à 20€ pièce, ça te dit? »

J'ai réfléchi 2 secondes. J'ai soumis l'info à Ghislain. Et j'ai conclu l'affaire.

Les Rage. Putin, ça faisait longtemps. Je me souviens, j'avais acheté leur album en même temps que celui de Shed Seven, et je dois bien dire qu'à ma grande surprise à l'époque, et à ma grande honte aujourd'hui, j'avais plus accroché à la britpop de ces derniers.

(Note: Quelqu'un se souvient de Shed Seven? Ont-ils d'ailleurs réellement existé un jour, ou sont-ils seulement issus de mes bouffées paranoïaques hallucinatoires adolescentes? Rassurez-moi s'il-vous-plaît...)

Rage Against the Machine, autrement dit les auteurs d'un seul album (l'éponyme). Tous les garçons de ma classe avaient ce disque, certains avaient même le t-shirt avec la tronche de Che Guevara. Mon père disait que c'était de la musique de sauvages, et, de fait, elle provoquait chez lui des réactions authentiquement épidermiques. Violence, idéalisme et intransigeance: les Rage étaient le groupe idéal de tout adolescent en crise.

rage
<- (Ne laissez pas vos enfants jouer avec des allumettes)

Mais bon, l'adolescence, généralement, on en sort. Déjà, à l'époque, les médias soulignaient complaisamment le fait que les Rage étaient signés sur un major, et donc vendus à ce Grand Capital qu'ils prétendaient combattre. Et puis, leur musique, à l'instar des discours d'extrême-gauche, a oublié d'évoluer et s'est fossilisée. Moi, j'ai vieilli, et je n'ai jamais écouté Evil Empire ou The Battle of Los Angeles.

Et puis les Rage se sont séparés.

Et puis, je ne sais pas ce qui s'est passé. Peut-être qu'ils ont réalisé que, si Audioslave ne fonctionnait que moyennement, c'était parce que les djeunes se rendaient bien compte que ce n'était qu'un RATM à l'aspartame, avec son chanteur pour James Bond en lieu et place du bouillonnant Zach de la Rocha. Peut-être que Tom Morello s'est rendu compte que, sa « One Man Revolution », réalisée à la guitare en bois sous le nom de The Nightwatchman, n'avait pas l'air d'enthousiasmer ces foules qu'il mobilisait pourtant sans problème quand il avait les doigts dans la prise et Zach à ses côtés.

Donc, ils se sont rabibochés, et les Rage, dans leur formule originale, ont entamé une tournée triomphale.

Tournée qui s'est arrêtée à Anvers, ce que je vous narrai la prochaine fois...

Commentaires

Shed Seven, connaît pas. Vite, vite, la suite.

Écrit par : Bernie | 06/06/2008

Bonne nouvelle, j'ai retrouvé la trace de Shed Seven sur le ouèbe. Je ne suis donc pas aussi dézinguée de la toiture que ce que je pensais.

Pour la suite de "La loute finale", va falloir patienter un pitipeu, par contre...

Écrit par : Wini | 07/06/2008

Dis donc, toi, vu ton titre, t'aurais pas des contacts avec l'Italie ? T'habiterais pas à Saint-Gilles ? Non, mais fais gaffe, hein, quand même !

Écrit par : Françoise | 07/06/2008

Heu... Mon papa a grandi à Saint-Léonard, ça compte?

Écrit par : Wini | 08/06/2008

Cette reformation en vue d'une méga-tournée (de concert bien sûr) n'a-t'elle pas un petit côté "p... je dois remplir ma piscine et payer mes différentes pensions alimentaires et je n'ai toujours pas touché mes chèques-repas!" ? La rage ne se serait-elle pas un tout petit peu adoucie?

Écrit par : valentin | 09/06/2008

Je crois qu'avec les crises du disque et du pétrole conjointes, c'est plutôt "je dois remplir mon réservoir" que "je dois remplir ma piscine" :)

Écrit par : Wini | 10/06/2008

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