16/06/2008

RATM, enfin la fin

 

Nous en étions arrivés au moment où Serj Tankian remballe ses petites affaires, non sans avoir demandé au public de réserver un accueil chaleureux aux RAGE AGAINST THE FUCKIN' MACHIIIINE !!!

A ce moment, Gaëtane, Fantine et leurs amis ont regagné leurs places. Un mec se fait gauler par la sécurité parce qu'il a allumé une clope (et non, il n'a pas répliqué « Fuck the norm »...) En bas, dans le parterre, c'est encore tranquille. Bon Dieu, heureusement que je n'y suis pas, je fais presque de l'hyperventilation rien que de les regarder. Gnnnn. (Je vous ai déjà raconté la fois où j'ai failli faire une crise d'ochlophobie carabinée en passant dans la foule de la course de caisses à savons Raide Bulle? Nan? Rappelez-le moi à l'occasion si ça vous intéresse....)

C'est tranquille, mais on sent comme une tension dans l'air... Certains ont quitté leurs sièges pour s'installer dans les allées... La température monte... Le taux d'humidité ambiante augmente... Ca sent le fauve en cage... La rumeur gronde dans la salle...

Et enfin! Les projecteurs se braquent sur le drapeau noir à l'étoile rouge, et l'Internationale retentit... (C'est une version en espagnol – d'après Ghislain, moi j'entendais plutôt de l'allemand. C'est la faute à Hard-Fi, ça rend sourd sans doute. Une chose est sûre, c'est pas la version de René Binamé, dommage, ça aurait un poil détendu l'atmosphère.)

Et enfin, il monte sur scène...

OUÉÉÉÉÉ !!! ROBERT HUE !!!

(Cette blague pourrie est ©Ghislain. Reproduction interdite sauf accord préalable de l'auteur.)

Mais non hein que ce n'est pas Robert Hue. Ni même Roberto d'Orazio, d'ailleurs.

Camarades, tous ensemble pour saluer l'arrivée des sous-commandants de RAGE AGAINST THE WASHIN' MACHIIIINE !!!

Rhan, ça trépigne ferme sur les gradins. Pourvu que ça soit conçu pour, la petite bourgeoise coincée qui sommeille en moi n'aimerait pas expérimenter un remake du drame du Heysel.

Alors, on va résumer: s'ensuivent quelques chansons que je ne connais pas. (Remember: je suis une petite bourgeoise coincée vendue au Grand Capital, et je n'ai jamais écouté que le premier RATM.) Mais bon, c'est la folie dans les gradins, tout le monde se lève pour Danette, je vais quand même pas rester le Q sur ma chaise et sortir mon tricot.

Commentaire de Ghislain: « Il a toujours pas mué, le chanteur. »

Eh oui. C'est ça qu'il y a de bien, avec les Rage, tu les oublies pendant 10 ans, et tu les retrouves tels que tu les as laissés. C'est rassurant. Car ils ont gardé la forme, les vieux! Le bassiste a toujours son t-shirt tatoué sur la peau, Tom (44 ans ou presque au compteur, oué oué il les fait pas) a toujours sa casquette. Y'a juste Zach, qui, d'après Ghislain, n'a certes pas mué mais a quand même un peu plus de poil au menton. Mêmes gueules, même enthousiasme, même discours probablement.

Et même jeu pour Tom Morello – enfin, même renouvellement du jeu. Il faut souligner le fait que ce type est un des derniers innovateurs de la guitare électrique, à toujours chercher de nouveaux effets. On peut rester dubitatif devant le discours politique des Rage, mais on ne peut pas ne pas être bluffé par la technique de Tom Morello. Personnellement, je ne me suis jamais remise de l'intro de « Fistful of Steel » (que malheureusement ils ne joueront pas ce soir, bande de traîtres à la cause qu'ils sont).

Après ces quelques chansons que je n'ai pas l'heur de connaître, ils enchaînent (pas très souplement, mais ils enchaînent) avec une sélection de chansons du premier album, « Bombtrack » en premier lieu, et pis les autres titres soyez gentils m'embêtez pas à les demander je sais plus.

Eh ben ça y est. On est passé de la folie à la folie totale. En bas, dans le parterre, comme en haut, dans les allées des gradins, tout le monde saute en choeur. Le taux d'humidité à l'intérieur du Sportpaleis atteint celui de la Thaïlande en période de mousson, et il y a une concentration absolument indécente de phéromones mâles dans l'air. Tiens, y'a plus personne pour rappeler à l'ordre la keunasse qui fume sa Gitane papier maïs à côté de moi; tu crois que c'est parce que la sécurité pressent qu'elle pourrait être très vite débordée au moindre incident? Ah, dommage qu'il n'y ait pas une ambiance pareille aux meetings de Loute Ouvrière, ça en rameuterait, des ptits jeunes, pour accomplir la Révolution Prolétaire.

Bon, je vais pas vous faire un dessin. Ils reprennent des chansons plus récentes et ils se barrent. Je me demande si Tom va revenir tout seul pour chanter une ou deux chansons du Nightwatchman. Je suis très naïve, parfois. Quand Pink Floyd s'est reformé pour le Live 8, est-ce que Waters allait laisser Gilmour chanter un extrait de son dernier album? Est-ce que les fans durs de rock dur, présents en masse dans cette salle, sont capables de supporter sans broncher une chanson à la guitare en bois, même s'il est marqué « Whatever it takes » sur celle-ci? Même si le mec chante avec conviction « This blues guy I met / That never had a hit / Said you don't gotta be loud, son / To be heavy as shit »?

(Encore un peu de folk sévèrement burné, avec de la cornemuse cette fois?)

Oui, moi aussi je trouve ce clip hautement pontifiant et auto-complaisant, mais on va pas bouder son plaisir quand même...

Alors, pas de Tom tout seul en rappel, mais d'autres brûlots branchés sur secteur, dont l'inévitable « Killing in the Name ». Heureusement qu'ils l'ont faite, sinon il aurait pu y avoir une émeute, j'en suis sûre.

Et voilà, c'est fini...

Passé la porte qui mène à la salle, on retombe chez les marchands du Temple. Qui veut une part de pizza? Qui veut une bière au prix où on la vend sur la Grand'Place? Qui veut un t-shirt? Ah, Ghislain se laisserait bien tenter... Manque de bol, ceux-ci sont à 30 n'euros, ce qui fait quand même cher la nippe. En plus, si ça se trouve, ils sont fabriqués en Chine... (Ce qui serait normal, note, après tout c'est un des seuls pays communistes qui restent sur la planète... Quoi, j'ai dit une connerie?)

Moi, je dis que c'est pas avec des places à 46 euros et des t-shirts à 30 qu'on va le renverser, ce système. Mais qui est vraiment venu ici pour renverser autre chose que sa chope, hein? That was entertainment, les gars, rien de moins, mais rien de plus non plus. Le show fini, chacun rentre chez soi, nous en premier. D'ailleurs, on a paumé Gaëtane, et le ptit collègue à Ghislain nous attend déjà à la voiture. Le Grand Soir? Ce sera pour une autre fois. Ou pas...

Commentaires

Tom Morello, pffff, je lui est foutu une raclée à Guitar Hero. Du coup, je me remets à la guitare, la vraie, celle avec des cordes qui font mal aux doigts.

Écrit par : Bernie | 17/06/2008

Guitar Hero? Et pourquoi pas Singstar tant qu'on y est?

Écrit par : Wini | 17/06/2008

Vous êtes quand même drôlement subversifs, Ghislain et toi, ce me semble. Pour peu qu'un de vous parle italien, vous allez vraiment finir par vous faire coffrer, dans ce pays de fous, je vous le dis !

Écrit par : Françoise | 19/06/2008

Subversive, moi?
Eh oui, c'est d'ailleurs pour ça que j'écris sous pseudonyme...
Héhé

Écrit par : Wini | 19/06/2008

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